Le gâchis : désencombrer son intérieur sans culpabiliser

Aujourd’hui j’avais envie de vous raconter comment j’ai dû apprendre à revoir mon idée du gâchis pour réussir à désencombrer mon intérieur et jeter sans culpabiliser.

Mon rapport au « gâchis » a changé au fil des ans, et changer de point de vue a été révélateur pour devenir moins bordélique (oui je suis une bordélique repentie) et être plus organisée dans ma vie. Pour moi c’est simple : c’est changer mon idée du gâchis qui m’a permis de sortir du carré et de voir les choses autrement et ça a été vraiment essentiel pour trouver des solutions qui me facilitent la vie et je voulais vous raconter comment j’avais changé tout ça d’abord dans ma tête et ensuite concrètement chez moi.

Ce que ça a changé chez moi :

Concrètement chez moi (dans ma maison), c’est que tout est mille fois plus agréable à vivre.

• J’ai de la place pour ce qui est utile, fini l’accumulation d’objets hypothétiquement utiles.

• J’ai une penderie organisée, fini de pleurer quand ma jupe préférée est au sale alors que je sais pas quoi me mettre, fini de pleurer quand un vêtement cheap que j’adore arrive au bout de sa vie.

• Je trouve facilement les choses chez moi, plus aucun objet du quotidien ne se ballade.

• J’ai toujours un aménagement fonctionnel il n’y a plus rien qui m’encombre.

Le gâchis et mon éducation : 

J’ai toujours été un véritable petit écureuil qui se garde plein de noisettes pour l’hiver, prudente, économe. J’ai été en partie élevée par mes grands-parents, et qui eux ne jetaient rien, pour moi les greniers étaient des trésors. Un objet presque neuf ou facile à rénover laissé sur le trottoir : “Quel gâchis ! Ramenons le à la maison”. On jette ce gilet troué “gardons en les boutons dans une boîte prévue à cet effet”. Et puis on m’a seriné toute mon enfance qu’il ne fallait surtout pas faire de gâchis avec la nourriture. Moi qui ne voulais jamais finir mon assiette, on m’a enseigné cette culpabilité que je devais ressentir quand on en arrive à jeter de la nourriture. Tu n’as pas fini ton assiette/ on jette de la nourriture/c’est mal. Je vois bien aujourd’hui que tout ça c’est aussi lié à une autre époque, d’autres habitudes, aussi le traumatisme de la guerre et du manque. Ces notions qu’on se passe d’une génération à l’autre alors que le contexte a changé et qui crée un décalage un peu bizarre.

J’ai donc grandi et atteint l’âge adulte avec cette notion bien particulière de ce qu’était le gâchis, il y en avait plusieurs que je catégoriserais ainsi (j’adoooore catégoriser) :

  • Gaspiller son argent en dépensant trop ou mal
  • Gâcher la nourriture en la jetant
  • Gâcher des produits neufs ou encore utilisables en les jetant

Le déclic : 

Et puis un jour, une petite phrase est venue émailler ces idées bien ancrées dans mon esprit depuis l’enfance. C’est une réflexion de mon mec (qui a reçu une toute autre éducation) qui a allumé une lumière dans ma tête. J’avais des fruits dans le frigo qui commençaient à s’abîmer et je lui ai dit qu’il fallait absolument qu’on les mange. Il m’a dit qu’il n’avait pas faim et je me suis agacée à l’idée de devoir jeter ces fruits parce que c’était du gâchis. Il m’a alors répondu ça : “pour moi c’est beaucoup plus de gâchis de manger ces fruits alors que je n’ai pas faim, les mettre dans mon ventre quitte à ce que ça me rende malade c’est beaucoup plus du gâchis pour moi que les mettre à la poubelle”. Je me souviens que l’idée à eu du mal à faire son chemin dans ma tête tant elle se prenait les murs de mon éducation dans la figure, elle a traversé un long dédale avant d’atteindre la raison : mais oui mais c’est bien sûr, comment est-ce possible que je n’ai jamais vu les choses de cette manière ? Dans ma petite tête ça a tourné comme une toupie (tu l’as ?), et c’est tout un monde qui s’est ouvert à moi, j’ai commencé à réfléchir à tout ce que cette idée de gâchis avait construit comme murs dans ma tête pour empêcher de voir les choses autrement.

Les produits ou aliments que j’avais l’impression de « gâcher » :

Ça vous est déjà arrivé quand vous vous maquillez de mettre trop de fond de teint dans votre main ? Moi à chaque fois que ça m’arrivait je préférais tout me mettre sur le visage qu’avoir à en jeter. Quitte à me retrouver maquillée à la truelle. Tellement stupide… Ou peut être ça vous est déjà arrivé de préparer une sauce et de mettre trop de sel ? Et plutôt que de tout jeter pour recommencer la sauce, manger une salade trop salée comme une punition pour cette impardonnable erreur ? Bon je suis peut être toute seule je sais pas, mais avant je faisais systématiquement ça, ce qui est objectivement débile. Au final j’avais mal au bide ou une tête de clown, on peut pas dire que j’avais gagné avec mon idée stupide de “pas gâcher”. Mais bon, j’allais carrément trop loin, j’étais capable de manger une fraise moisie pour me donner bonne conscience. Je fais déjà hyper attention à ce que j’achète (bio et local) donc c’est assez rare que j’ai à jeter la bouffe, mon frigo n’est jamais plein à craquer et je suis très mesurée. Réfléchir avant d’acheter c’est beaucoup moins gâcher que d’avaler une poire pourrie quoi !

Désencombrer son intérieur : ces montagnes d’objets que je n’osais pas jeter pour ne pas gâcher :

Oui tous ces objets ou produits de consommation qui sont neufs ou à peine utilisés, presque pas abimés que je n’osais pas jeter parce que peut être, on sait jamais (et si ?) ça pourra me servir un jour. Quand j’étais en école d’arts appliqués on nous encourageait à ramasser tout ce qu’on trouvait dans la rue pour le transformer en cours d’arts plastiques. Plus tard avec mon blog j’ai commencé à recevoir des tonnes de produits dont je n’avais pas spécialement envie, ça s’accumulait dangereusement dans mes placards de salle de bain. J’ai été ce petit écureuil qui garde tout pour les jours de disette jusqu’à mes 22 ans, je crois et un jour paf ça a changé radicalement d’un coup. Je m’en souviens très bien, un jour j’essayais de trouver une place dans mes placards pour un superbe vase que je venais de m’acheter et je n’en trouvais pas. J’ai eu le même déclic que pour la bouffe : j’ai compris qu’en me débarrassant pas de tous ces trucs hypothétiquement utiles pour ne pas faire de gâchis en fait je me gâchais carrément la vie. Maintenant dès que je vois qu’un trucs prend de la place et que je ne l’ai pas utilisé depuis plusieurs années, j’essaie de le revendre, puis de le donner, et si personne n’en veut, j’en fait dons à différentes associations/organismes.

La façon dont je pensais acheter raisonnablement pour ne pas gaspiller mon argent : 

ACHETER EN DOUBLE :

La première chose que j’ai changé c’est cette idée que c’était stupide d’acheter plusieurs fois la même chose. Il y a quelque chose qui m’avait toujours semblé bizarre dans les films ou les séries quand parfois le héros ouvre une penderie qui contient 6 fois le même tenue identique. Cela me semblait parfaitement absurde. L’idée même d’avoir un produit en double me semblait un vaste gâchis : quitte à dépenser des sous autant se faire plaisir avec une multitude de choses. Ça vous est sûrement déjà arrivé de tomber amoureuse d’un pull et de sa coupe et matière parfaite. Perso à chaque fois que ça m’est arrivé je l’ai acheté en 3 couleurs différentes “pour changer” pour me rendre compte 3 ans plus tard que j’avais mis le bleu marine 4 fois plus que les autres, qu’il était mort et que j’aurais mieux fait d’acheter trois fois le même. Mais j’avais beau me le dire, acheter 3 fois la même chose se heurtait à ces petits murs dans ma tête. Je n’ai pas commencé mon petit délire d’achats en double par les vêtements mais par un objet tout con : ma brosse à cheveux. Un jour j’en ai eu marre de passer systématiquement 5 minutes tous les matins à chercher cette satanée brosse à cheveux et j’ai décidé d’en acheter 3 identiques : une pour la salle de bain, une pour le salon (où je me coiffe devant la fenêtre telle une déesse vite fait tous les matins) et une dans ma chambre. C’était tellement trop cool que j’ai décidé de franchir le cap et faire pareil avec mes basiques de look. J’ai commencé par la mini jupe noire, mon basique été comme hiver. J’en ai commandé 8 différentes sur Asos, je les ai toutes essayées à la maison. Et au lieu d’en garder 3 cools pour “changer” j’ai plutôt élu la grande gagnante que j’ai ensuite commandé en 3 exemplaires et j’ai renvoyé les 7 autres. Maintenant j’achète une petite armée de vêtements identiques dès que je décèle un potentiel dans un vêtement que j’ai envie de mettre tous les jours. Et je crois que je n’ai jamais moins acheté que depuis que je fais comme ça. Avant je trouvais que c’était complètement gâcher mon argent que de le dépenser autrement que dans plusieurs tenues différentes, et aujourd’hui je pense tout le contraire. Bon attention, je n’achète pas TOUT en plusieurs exemplaires sinon ce serait complètement délirant : juste une sélection d’objets ou de vêtements dont je me sers quotidiennement.

NE PAS SE PUNIR POUR UNE ERREUR D’ACHAT :

La deuxième chose que j’ai décidé de changer c’est cette punition que je m’imposais quand j’avais fait une erreur d’achat : Vêtement, objet de déco, meuble, si j’ai envie de m’acheter un truc sur un coup de tête et que je me rends compte que c’était une erreur j’ai arrêté de me l’imposer en punition. Avant dans ma tête je me disais : “ah tu l’as acheté ma fille maintenant tu vas pas t’en débarrasser tu assumes, sinon c’est vraiment du gâchis.” Maintenant je me dis : “ce truc m’encombre, ne me sert à rien, il me gâche la vie, ciao.” Typiquement dans mon appart, quand j’ai été prise d’une idée lumineuse chez Ikea en achetant un meuble sensé révolutionner ma vie et qu’une fois en place je réalise au bout de quelques semaines que c’était une mauvaise idée je prends une décision rapide : je revends, je donne ou je jette. Hors de question d’encombrer ma vie avec des erreurs comme une punition. Mieux : j’achète dans la foulée ce dont j’ai vraiment besoin.

La magie du rangement : 

J’ai lu la magie du rangement de Marie Kondo quelques années après tout ça et je dois dire que même si je ne caresse pas mes chaussettes pour les remercier de me porter chaque jour et que je ne chuchote pas à mes robes d’été que leur tout va venir, je suis assez d’accord avec la plupart de ses principes. Elle apporte aussi une autre idée du gâchis en répétant page après page qu’apprendre à jeter c’est salvateur. Jeter… vous m’auriez dit ça il y a 10 ans je vous aurais répondu que je ne trouvais rien de plus triste… Alors non je ne jette pas encore à tour de bras, j’essaie avant tout de consommer moins et mieux et d’acheter beaucoup plus raisonnablement ! Sinon j’essaie de revendre ou de donner. Marie Kondo estime que c’est encombrer une autre personne que de faire ça, je n’arrive pas à me décider si elle a raison ou tort…

POUR/CONTRE LE GASPILLAGE ?

 

 

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Publié par

Jeune auvergnate de 22 ans, étudiante et passionnée de blogging. Blog mode, beauté et lifestyle.

4 commentaires sur « Le gâchis : désencombrer son intérieur sans culpabiliser »

  1. Le coup des vêtements en plusieurs exemplaires, c’est tellement ingénieux ! Rien de plus triste que de jeter son t-shirt préféré usé par les années… Et puis finalement, on met souvent les mêmes vêtements régulièrement. Certains seulement une ou deux fois dans sa vie alors pourquoi pas. J’essayerai de tester tes conseils 😉

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  2. Ton raisonnement correspond tout à fait au mien, je suis contre le gaspillage, j’achète en fonction de mes besoins, pas question d’acheter la dernière palette de fards qui fait le buzz sur le web, j’attend… et j’ai raison de le faire car en fait elle ne m’aurait pas servi ! Idem pour tout ce qui est objet déco etc…, à la maison on ne gaspillage pas la nourriture, on fait du compost avec tout nos déchets (super pour notre jardin) ! Dans ton article je retrouve plein de similitude avec ma façon d’avoir fait, d’avoir connu (parents et grands parents qui gardent tout) et de faire maintenant ! Il faut surtout ne pas succomber aux nouveautés et éviter de regarder trop souvent les pubs ! biz

    Aimé par 1 personne

    1. Ton commentaire me fait plaisir, de voir qu’on partage des avis en commun. Nous faisons également le compost à la maison pour le jardin et je trouve ça top ! J’espère continuer d’apporter cela dans l’éducation de mon futur enfant, et de le sensibiliser un peu. Partager les taches du compost avec des plus petits que soi est top, et permet de faire une activité ludique et pratique.
      Bises.

      Aimé par 1 personne

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